Préface

           de Claude ProvostPrésident national de Jonathan Pierres VivantesAssociation de parents et de frères et soeurs endeuillés

           Ce manuscrit relate le « parcours » accidenté d’un « cheminothérapeute » breton, si cruellement éprouvé par des deuils successifs, jusqu’à sa « merveilleuse renaissance ». La narration de son rude combat dépasse de beaucoup les contours du deuil d’un père car, au travers de son histoire familiale, il sait évoquer la souffrance des grands-parents, des parents et de la fratrie (leurs divergences au cœur du deuil), du compagnon et aussi les réactions parfois plus ou moins maladroites de l’entourage moins proche…

            Mais comment Herve a-t-il pu se relever en 9 mois après avoir touché le fond ce 17 septembre 2013, encore profondément marqué par un précédent deuil pourtant récent ? L’ex-enseignant reste un pédagogue dans l’âme et reprend avec concision au fil de ses « petits mots de billet » l’itinéraire qui lui a permis de refaire surface (marche, sessions, conférence, lectures incontournables, écriture…), comprenant qu’il ne pouvait s’en sortir seul ! Et, en tant que président d’une association œuvrant dans le champ du deuil, je tiens à souligner cette riche palette de moyens mis en œuvre.

            Son récit argumenté sera utile à bien des personnes endeuillées même s’il n’y a pas de recettes miracles ou transposables en bloc, le chemin de deuil étant personnel. À travers toutes ses « pertes », Herve a beaucoup appris et évolué pour être en capacité de survivre à la dernière, le départ de Nicolas…

            Evolution, disais-je, ou même révolution en son for intérieur ? En tout cas, parallèlement à « l’appel à la vie » qui le meut indéniablement, lui le sportif, le battant, c’est un itinéraire de «  retour à la foi » qu’Herve nous livre avec sincérité ; je le cite « certainement assisté par un discret et brillant équipage composé de mes êtres les plus chers (présents ou disparus) », ajoutant à l’adresse de son ami Yvon, en évoquant son cher Nico, sans l’ombre d’une hésitation : « il a rejoint un au-delà de paix et de sérénité ». La charte de notre association qu’Herve a découverte en « chemin » et dont il est désormais non seulement adhérent mais membre actif, ne dit-elle pas la même chose en ces termes : « Comme les fondateurs, les adhérents croyants témoignent de leur Espérance, assurés que leurs enfants, leurs frères et sœurs sont vivants dans une dimension autre ». Il s’agit là pour « nous » en l’occurrence non pas de faire du prosélytisme, loin s’en faut !, mais bien de vouloir partager un trésor dont nous ne pouvons taire la source et qui se résume en 3 lettres d’or : FOI.

            Enfin, je tiens à mettre en exergue l’altruisme dont Herve a fait preuve dans les engagements de toute sa vie et qui transparaît à l’évidence dans son récit. Il le magnifie dans la phrase ultime : « Apprenons à lire chaque jour davantage, sans fin… », phrase dont le lecteur comprendra mieux la portée en arrivant à l’épilogue de ce témoignage d’AMOUR et de VIE… Un nouveau challenge d’excellence qu’il invite chacun de nous à relever !

            Cher Herve (sans accent, n’est-ce pas !), pour cette riche et poignante confession à cœur ouvert, merci et… bon vent !